Chasse/Nettoyage
En juillet 1887, le Sud de la Nouvelle-Zélande fut le théâtre d’une épidémie réduite dans une ferme située à proximité d’Omarama. Les premières heures de l’incident restent obscures : des témoins ont rapporté qu’au crépuscule, un groupe de quatorze hommes armés s’était débarrassé de trois zombies dans les collines voisines, avant de se diriger vers la maison contaminée pour finir le travail. L’un des hommes fut envoyé en éclaireur et entra : on entendit des hurlements, des gémissements et des coups de feu, puis plus rien. Un second homme décida d’y aller. Au début, tout se passa bien. On l’aperçut se pencher par l’une des fenêtres du premier étage et signaler qu’il n’avait trouvé qu’un corps à demi dévoré. Soudain, un bras décomposé apparut derrière lui, lui attrapa les cheveux et le tira en arrière. Les autres se précipitèrent aussitôt pour l’aider. À peine avaient-ils pénétré dans la maison que cinq zombies leur tombaient dessus. Les armes encombrantes comme les haches et les faux sont inutiles dans un espace confiné. Même chose pour les fusils. Trois hommes furent tués par des balles perdues et deux autres blessés. Au pire de la mêlée, l’un des hommes succomba à la panique, se précipita hors de la maison, empoigna une lampe à pétrole et la balança à travers une fenêtre. Quand on fouilla les décombres, on ne découvrit rien d’autre que des squelettes carbonisés.
Ce chapitre vous aidera à planifier vos missions de nettoyage. Comme on l’a vu plus haut, les pouvoirs publics disposent de leur propre matériel et ont élaboré un plan (espérons-le) pour traiter ce genre de situation non conventionnelle. S’ils s’en occupent, parfait. Asseyez-vous, détendez-vous et voyez comme vos impôts sont judicieusement dépensés. Mais si ceux que nous payons pour nous protéger ne se montrent pas ? Dans ce cas, la responsabilité d’exterminer tous les zombies du coin vous incombe, à vous ou à votre équipe. Chaque règle, chaque méthode, chaque arme et chaque outil décrits dans ce chapitre sont taillés sur mesure pour faire face à cette situation. Tous sont le fruit d’une longue expérience. Tous ont été testés avec succès et dûment validés.
Il est maintenant temps de relever la tête et de chasser les chasseurs.
RÈGLES GÉNÉRALES
1. Réponse collective
Comme pour n’importe quel type de combat armé, la lutte anti-morts-vivants n’est jamais l’affaire d’une seule personne. On l’a vu, les sociétés occidentales – et surtout américaines – baignent dans la culture des super héros. Un seul homme aux nerfs d’acier, bien armé et parfaitement entraîné peut conquérir le monde… Ceux qui croient de telles âneries feraient tout aussi bien de se déshabiller, d’appeler les zombies et de se coucher tout nus sur un plateau d’argent. Si vous y allez seul, non seulement vous mourrez, mais vous irez grossir les rangs des zombies. Le travail d’équipe a maintes fois prouvé sa supériorité stratégique dès qu’on envisage sérieusement d’annihiler l’armée des morts.
2. Maintenez la discipline
Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de ce chapitre, focalisez-vous sur cet aspect dans votre lutte contre les morts-vivants : la discipline. La discipline la plus stricte. La discipline la plus rigoureuse. La discipline dans ce qu’elle a de plus sacré. Un groupe discipliné, quel que soit le nombre de personnes qui le compose, infligera beaucoup plus de dommages aux hordes de zombies que n’importe quelle bande surarmée livrée à elle-même. Si pour vous, armement correct, équipement adapté, moyens de communication adéquats et plan précis riment avec perte de temps, autant laisser tomber tout de suite. Cet ouvrage se destinant avant tout aux civils – et non aux militaires –, il leur faut impérativement saisir toute l’importance de l’obéissance. Quand vous composerez votre équipe, assurez-vous que les hommes et les femmes sous votre commandement comprennent bien vos instructions. Utilisez un langage clair et concis. Évitez tournures et jargon militaires tant que votre équipe n’est pas encore habituée à sa signification. Assurez-vous qu’il y a un seul leader, accepté et reconnu de tous. Faites en sorte qu’aucun grief personnel ne subsiste entre les différents membres de votre unité (ou qu’au pire, on les a enterrés pour de bon). Si ces contraintes réduisent le nombre de candidats, tant pis. Votre équipe doit fonctionner comme un seul homme. Sinon, pléthore d’imprévus cauchemardesques vous tomberont dessus. On a vu des groupes bien préparés se faire totalement décimer parce que leurs membres ont paniqué, se sont dispersés ou bien entre-tués. Oubliez les mauvais films de série Z dans lesquels une bande de types débraillés, le fusil à pompe et la bière à la main, protègent l’humanité de la menace zombie. Dans la vraie vie, ceux-là servent d’apéritif aux morts-vivants. Rien d’autre.
3. Restez sur vos gardes
Même si l’euphorie vous submerge après un combat victorieux, même si vous êtes épuisé après plusieurs jours sans sommeil, même si les heures et les heures de marche forcée vous ont totalement engourdi le cerveau, quelle que soit la raison, ne baissez jamais votre garde. Les morts-vivants sont partout, silencieux, cachés. Qu’importe si un endroit vous semble sûr, restez sur vos gardes, restez sur vos gardes, restez sur vos gardes !
4. Utilisez des guides
Toutes les batailles n’ont pas forcément lieu sur votre pelouse. Avant de pénétrer une zone qui ne vous est pas familière, recrutez quelqu’un du coin. Il ou elle vous indiquera les cachettes, les obstacles, les possibilités de fuite, etc. Des groupes dépourvus de guide ont parfois déclenché des catastrophes en ne sachant tout simplement pas qu’un réservoir de gaz se trouvait en plein dans leur ligne de mire ou que des produits chimiques extrêmement toxiques étaient stockés dans le bâtiment qu’ils venaient de faire sauter. De tout temps, les armées victorieuses ont toujours employé de la main-d’œuvre locale pour faciliter la conquête du territoire convoité. Les armées qui avancent à l’aveuglette finissent généralement hachées menu.
5. Prévoyez une base et des renforts
Jamais une équipe ne devrait partir au combat sans établir un périmètre de sécurité et une position de repli. Cette zone doit se situer suffisamment loin du champ de bataille. Une équipe de renfort doit s’y poster en permanence, avec tout le matériel et les provisions nécessaires pour vous permettre de continuer le combat. Par ailleurs, elle doit être facilement défendable si la situation vous échappe. Fortifications, infirmerie, provisions, centre opérationnel de combat, tout cela doit être parfaitement clair et défini quand vous donnez l’ordre de « rentrer à la base ».
6. Profitez de la lumière du jour
Les films d’horreur se déroulent presque toujours la nuit. Les ténèbres nous effraient, et cela n’a rien d’étonnant : l’homo sapiens n’est pas adapté aux activités nocturnes. Absence de vision de nuit, faible odorat et ouïe limitée font de nous des créatures diurnes. Bien que les zombies ne soient pas plus adaptés au combat de nuit que nous, cette relative marge de sécurité a tendance à disparaître quand on se bat de nuit – des études l’ont prouvé. De plus, jour ne rime pas seulement avec lumière, il améliore le moral de votre équipe.
7. Planifiez la retraite
Combien de zombies comptez-vous affronter ? À moins d’en connaître le chiffre exact, prévoyez toujours un itinéraire de repli, reconnu et dûment gardé. Bien souvent, des chasseurs trop confiants débarquent dans une zone contaminée et y subissent des assauts beaucoup plus violents que prévu. Débrouillez-vous pour que l’itinéraire de repli soit libre, proche, et pardessus tout dénué de tout obstacle. Si le nombre vous l’autorise, laissez-y plusieurs membres de votre équipe pour maintenir la route ouverte. Lors de retraites mal organisées, des unités entières ont parfois été piégées parce que leur itinéraire de repli grouillait déjà de zombies.
8. Laissez-les venir
Plus que toute autre, ce genre de stratégie autorise les vivants à jouir pleinement de leur avantage principal : l’intelligence. Si une attaque se prépare, une armée humaine attendra patiemment et confortablement, tout en optant pour une stratégie défensive. Lors d’un assaut conventionnel, les attaquants doivent toujours être en nette supériorité numérique (de l’ordre de trois contre un) pour espérer remporter la partie. Avec les morts-vivants, la question ne se pose pas. Les zombies ne fonctionnent que par instinct ; ils attaqueront donc de front, et ce quelle que soit la situation. Cela vous laisse le luxe d’attendre à proximité d’une zone contaminée et de les laisser venir. Faites autant de bruit que possible, allumez des feux, envoyez même quelques éclaireurs agiles pour les attirer. Quand les morts arriveront, vous serez en position de « défense agressive », prêts à en abattre la majorité avant de passer à l’offensive proprement dite. Cette stratégie a maintes fois prouvé son efficacité et vous en trouverez quelques exemples pratiques un peu plus loin dans ce chapitre.
9. Frappez à la porte
Avant d’entrer dans une pièce, fermée ou non, tendez l’oreille pour déterminer s’il y a de l’activité à l’intérieur. Un zombie peut très bien attendre de l’autre côté de la porte – calme, silencieux, prêt à bouger au moindre signe de proie. Pourquoi ? Beaucoup d’humains mordus ont succombé après avoir été enfermés par des gens pensant les protéger. Quelles qu’en soient les raisons, ce cas de figure se produit environ 1 fois sur 7. Si vous n’entendez rien, faites du bruit. Soit une goule se manifestera, soit vous aurez la confirmation que la pièce est bel et bien vide. Dans tous les cas, prudence.
10. Soyez méthodique
Dans les premières heures d’une épidémie, les gens ont tendance à capturer – et non tuer – les zombies qu’ils ont connus de leur vivant. Quand les ravisseurs ont décampé ou succombé à leurs blessures, les zombies encore enfermés restent parfois des années sur place, prêts à débuter un nouveau cycle si on les libère. Après avoir nettoyé une zone de toutes ses goules, nettoyez-la à nouveau. Puis recommencez. Les zombies peuvent être partout – greniers, caves, égouts, voitures, conduits d’aération, espaces exigus, parfois même à l’intérieur des murs ou encore coincés sous un tas de détritus quelconques. Faites particulièrement attention aux points d’eau. Des zombies marchant au fond de lacs, de rivières et même de réservoirs d’eau potable ont été repérés au moment où ils en sortaient longtemps après la fin de toute alerte dans le secteur. Suivez scrupuleusement les instructions détaillées plus bas pour nettoyer correctement un plan d’eau.
11. Restez à l’écoute
Maintenir le contact avec chaque membre de votre équipe est un facteur essentiel pour réussir une mission. Sans une communication adéquate, les chasseurs se séparent, sont débordés ou abattus accidentellement par leurs compagnons (un drame bien plus fréquent qu’on ne veut l’admettre, même dans les conflits conventionnels). Les petites radios portatives (type talkie-walkie) – un modèle bas de gamme vendu dans les bazars électroniques fera l’affaire – constituent un excellent moyen de communication. Préférez les talkies-walkies aux téléphones mobiles ; ils ne dépendent pas de la couverture satellite ou des réseaux.
12. Tuez, écoutez, tuez
Après un accrochage, méfiez-vous des poches de zombies résiduelles. Une fois la goule abattue, cessez toute activité et écoutez attentivement. Il y a de bonnes chances qu’un zombie avoisinant ait entendu la bagarre et s’approche de votre position.
13. Débarrassez-vous des corps
Une fois la zone sécurisée, brûlez tous les corps des morts-vivants et de vos camarades tombés au combat. Vous éviterez les réanimations intempestives et vous préviendrez tout risque infectieux lié à la chair décomposée. Les humains fraîchement tués constituent un mets de choix pour de nombreux oiseaux, des charognards et, bien sûr, d’autres zombies.
14. Surveillez votre feu
Si vous faites du feu, réfléchissez bien à ce que cela implique. Êtes-vous en mesure de le contrôler ? Attention à ne pas mettre votre unité en danger. La menace zombie est-elle suffisamment sérieuse pour prendre le risque de détruire la quasi-totalité de la zone contaminée ? La réponse peut sembler évidente, mais pourquoi brûler la moitié d’une ville pour se débarrasser de trois zombies alors qu’un simple fusil ferait l’affaire ? Comme on l’a vu plus haut, le feu est votre allié… et votre ennemi. Ne l’utilisez qu’en cas de nécessité absolue. Soyez certain que votre équipe peut s’enfuir au cas où l’incendie deviendrait incontrôlable. Assurez-vous de connaître l’emplacement exact de toute matière toxique ou explosive et tâchez de savoir si leur destruction représente un risque. Entraînez-vous au maniement de toutes vos armes incendiaires (chalumeaux, Molotov, fusées de détresse, etc.) avant de pénétrer sur un champ de bataille, vous saurez ainsi de quoi vous êtes capable. Méfiez-vous des gaz inflammables, notamment des fuites. Même si vous ne comptez pas vous servir du feu comme arme principale, le danger des émanations chimiques, des réservoirs automobiles percés et de quantité d’autres produits nocifs proscrit la cigarette pendant vos missions de recherches et de nettoyage.
15. Ne partez jamais seul
Il arrive parfois qu’envoyer tout un groupe là où un seul homme suffirait paraisse exagéré. Cinq individus motivés peuvent abattre davantage de travail que toute une équipe. En termes de temps et d’efficacité, certainement. Mais pas en termes de sécurité. La priorité, quand on décide de se débarrasser des zombies, c’est de rester ensemble. Un individu isolé se fait encercler et dévorer très facilement. Pire, des chasseurs doivent parfois exterminer des zombies qui faisaient encore partie de leur équipe quelques heures plus tôt…
ARMES ET ÉQUIPEMENTS
Armer et équiper une équipe civile anti-zombies devrait suivre la même logique que pour une unité militaire. Chaque personne devrait disposer d’un kit standard en plus de certains outils destinés au groupe dans son ensemble :
• Arme à feu principale (fusil ou carabine semi-automatique).
• 50 cartouches.
• Kit de nettoyage.
• Arme de secours (si possible, un pistolet).
• 25 balles.
• Arme de poing (grande ou petite).
• Couteau.
• Lampe de poche.
• 2 fusées de détresse.
• 1 miroir de signalisation.
• Talkie-walkie.
• Au moins 2 méthodes pour faire du feu (allumettes, briquet, etc.)
• Gourde.
• Rations de combat.
• Banane pour effets personnels.
• Chaussures de randonnée ou de combat.
• Deux paires de chaussettes.
• Tapis de sol ou coussin.

Chaque groupe (10 personnes ou moins) doit avoir :
• 2 armes silencieuses (pouvant jouer le rôle d’armes de secours).
• 3 engins explosifs.
• 2 grappins.
•150 mètres de corde (en Nylon, section 7/16, tension 3 200 kilos, coefficient d’absorption 225 m/litre).
• 2 paires de jumelles (au moins 50 mm/zoom x 10).
• 2 pied-de-biche (peuvent jouer le rôle d’armes de secours).
• 2 cutters de chantier.
• Boîte à outils (marteau, clés plates, clé Allen, clés à pipe, clous, écrous, vis, chevilles, tournevis plat, tournevis cruciforme, lime, scie à métaux, scie à bois).
• Hache ou hachoir à main (peuvent jouer le rôle d’armes de combat rapproché).
• Kit médical (bandes, coton, deux écharpes, ciseaux, sparadrap, antiseptique de surface, lingettes de nettoyage, savon antibactérien, gaze stérile, Mercurochrome, bistouri).
• 15 litres d’eau supplémentaires.
• 2 cartes (zone concernée et environs).
• 2 boussoles.
• Batteries de rechange pour tous les engins électroniques.
• 10 fusées de détresse supplémentaires.
• 2 outils compacts pour creuser (pouvant s’utiliser comme armes secondaires).

TRANSPORT
Contrairement au chapitre Fuite/Déplacements, le but de cette section n’est pas de vous expliquer comment fuir une zone infectée, mais bien de vous apprendre à y entrer. Ici, on ne cherche pas à échapper aux morts-vivants, mais à les attirer. Par ailleurs, et là encore contrairement aux chapitres précédents, vous ne serez pas seul, et l’équipe d’appui logistique facilitera le ravitaillement en carburant et la conduite des véhicules. L’idée consiste à vous servir du bruit du moteur comme appeau à zombies (voir « Marche à suivre »). Dans le même ordre d’idée, retirer le pneu d’une bicyclette produira des effets comparables. Ne soyez pas trop dépendants de vos véhicules. À moins d’appliquer une stratégie précise (voir plus bas), considérez-les plutôt comme des moyens commodes d’atteindre et de quitter le champ de bataille. Une fois sur place, descendez et continuez à pied. Cela vous donne plus de flexibilité, notamment dans les zones urbaines.
TYPES DE TERRAINS
Au premier coup d’œil, ce chapitre peut sembler redondant. Toutefois, contrairement au chapitre Fuite/ Déplacements qui vous explique comment tirer parti de votre environnement pour vous échapper, celui-ci vous apprendra à vous en servir pour chasser. Cette fois, vous ne vous contenterez pas de traverser une zone aussi vite et aussi discrètement que possible. Vous êtes ici en tant que chasseur, pour reconquérir ladite zone, la tenir et la nettoyer jusqu’à ce que ne subsiste plus la moindre trace de morts-vivants. Ce chapitre ne concerne que cet aspect.

1. Forêts
Quand vous partez en chasse, repérez les carcasses récentes. Déterminez si le prédateur était un animal ou un zombie. Pensez également à grimper aux arbres pour étendre votre champ de vision : tous peuvent servir de point de vue ou de poste de tir. Ne pressez la gâchette qu’au dernier moment.
2. Plaines
Les grands espaces procurent une visibilité sans égale et autorisent l’usage de n’importe quel type d’arme à longue portée. Une équipe de 5 personnes correctement armées et munies de lunettes télescopiques peut nettoyer plusieurs kilomètres carrés en une seule journée.

Bien entendu, la visibilité joue dans les deux sens. Des groupes de chasseurs opérant en plaine ont parfois attiré les goules sur des kilomètres. Autre danger relativement minime, mais à envisager : la probabilité de rencontrer des morts-vivants allongés dans les hautes herbes.
Ceux qui ont perdu leurs jambes, par exemple, ou dont la colonne vertébrale est brisée, peuvent passer inaperçus jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Si votre unité traverse des zones de ce type, avancez lentement, observez bien le sol et soyez attentifs au moindre gémissement.
3. Champs
Des chasseurs insouciants se sont déjà fait attaquer par un zombie errant alors qu’ils en chassaient d’autres à travers champs ! À moins d’avoir reçu l’ordre de protéger les cultures, ou si la nourriture en elle-même revêt une importance vitale, c’est l’un des rares cas autorisant l’usage prioritaire du feu. Bien que le reste du livre ressasse sans faiblir l’extrême dangerosité du feu et son côté éminemment incontrôlable, une vie humaine vaut davantage que quelques hectares de maïs.

4. Toundras
Danger propre à la toundra et inconnu sous d’autres latitudes : la possibilité d’une épidémie « multi-générationnelle ». Les hivers rigoureux ont tendance à préserver les zombies, qui peuvent ainsi geler et « survivre » plusieurs décennies. Une fois au chaud, ils rejoindront les rangs des morts-vivants nouvellement infectés et dans certains cas, pourront même recontaminer toute une région. Les toundras gelées, plus que tout autre type d’environnement, impliquent non seulement des recherches exhaustives, mais également une vigilance beaucoup plus élevée lors du dégel.

5. Collines

Zombie ou pas, les terrains vallonnés s’avèrent aussi traîtres que dangereux. Si possible, tenez le sommet et restez-y. Cela vous procurera plus de marge de manœuvre. On oublie trop souvent que les goules possèdent une dextérité limitée. Appliquez ce constat à l’escalade, et vous obtiendrez une masse grouillante de zombies tentant vainement de grimper vers une proie inaccessible pendant que vous les alignez un à un.
6. Déserts
Les problèmes évoqués dans Fuite/Déplacements s’agravent dès qu’on évolue dans le désert. Contrairement aux colonnes de réfugiés, votre équipe de chasseurs devra se déplacer pendant les heures les plus chaudes, les plus épuisantes et les plus aveuglantes de la journée. Assurez-vous que les membres de votre groupe soient bien équipés pour se protéger du soleil et que chacun possède suffisamment d’eau. Combattre requiert beaucoup d’énergie et augmente de fait les risques de déshydratation. N’en négligez pas les signes avant-coureurs. Un seul membre en difficulté handicapera toute l’équipe et donnera la possibilité aux morts-vivants de reprendre l’avantage. Perdre le contact avec la base et se retrouver complètement isolé ne serait-ce qu’une journée prend une tout autre signification quand on livre un combat à mort en territoire hostile.

7. Zones urbaines
S’il ne s’agissait que de se débarrasser des zombies, il suffirait de bombarder les zones urbaines ou d’y mettre le feu. Certes, cela « sécuriserait » le secteur, mais où iraient vivre les survivants une fois leurs maisons réduites en cendres ? Le combat urbain s’avère extrêmement difficile pour de multiples raisons. Tout d’abord, il requiert un temps considérable : chaque bâtiment, chaque pièce, chaque tunnel de métro, chaque voiture, chaque égout, chaque coin et recoin de ce labyrinthe doivent être minutieusement vérifiés. En fonction de la taille de la ville, votre équipe travaillera sans doute de concert avec les forces gouvernementales. Dans le cas contraire, montrez-vous extrêmement prudent, et toujours raisonnable dès qu’il s’agit des membres de votre équipe, du timing et de vos ressources (nourriture, eau, etc.). Les villes sont capables d’avaler et de digérer à peu près n’importe quoi.

8. Jungles
La jungle est un environnement cauchemardesque pour le combat rapproché. Les fusils à longue portée et les autres armes de ce type comme les arbalètes perdent toute utilité. Équipez votre groupe en fusils à pompe et en carabines. Chaque personne doit avoir sa propre machette, aussi bien pour se tailler un chemin que pour se défendre. Inutile de chercher à faire du feu : l’humidité condamne la moindre tentative. Quoi qu’il arrive, restez groupés et très vigilants. Écoutez attentivement les bruits de la jungle. Comme on l’a évoqué précédemment pour les forêts et les marais, c’est là votre seul système d’alarme.
9. Marais
Bien des aspects du combat en jungle s’appliquent aux marais. Il n’y fait pas forcément aussi chaud et la végétation n’y est pas aussi dense, mais cela ne les rend pas plus sûrs pour autant. Faites très attention à l’eau. Les stratégies développées pour le combat sous-marin – et décrites un peu plus loin – peuvent également s’employer dans ce contexte.

MARCHE À SUIVRE
1. Les attirer et les tuer

Utilisez un ou plusieurs véhicules, gros 4 x 4 ou camionnettes pour entrer dans la zone contaminée. Une fois à l’intérieur, faites autant de bruit que possible pour attirer les morts-vivants. Quittez la zone tranquillement en adaptant votre vitesse à celle de vos poursuivants. Vous constaterez alors assez rapidement que toute une cohorte de zombies vous suit scrupuleusement, formant un sinistre carnaval qui ne vous lâchera pas d’une semelle. À partir de là, les tireurs d’élite postés à l’arrière du véhicule peuvent ouvrir le feu. Les goules ne comprendront pas ce qui leur arrive et leur cerveau primitif ne remarquera même pas que leurs semblables s’effondrent les uns après les autres. Continuez à les faire sortir de la zone tout en les décimant jusqu’à ce qu’il n’en reste plus une seule. Utilisez ensuite la même stratégie en zones urbaines (uniquement si les routes sont dégagées) ou dans n’importe quel type d’environnement, pour peu qu’un long voyage en véhicule reste envisageable.
2. Barricades
Voilà une stratégie comparable à la précédente, sauf qu’au lieu de mener une file de morts-vivants sur plusieurs kilomètres, vos appels les attireront vers une position donnée. On peut facilement ériger une place forte à partir de débris, de barbelés, d’épaves de voitures ou même en se servant de son propre véhicule. Une fois installée, votre équipe devra garder la position et tuer tous les zombies avant de se faire déborder. Dans ce cas précis, les engins incendiaires font des merveilles. Les zombies seront certainement accolés les uns contre les autres quand ils s’approcheront. Cocktails Molotov ou (et seulement dans ce cas) lance-flammes feront des ravages. On peut employer du barbelé ou tout obstacle similaire pour ralentir leur avance et permettre une meilleure concentration du feu. Si l’incinération n’est pas envisageable, un simple fusil suffira pour accomplir le travail. Assurez-vous de tirer à la bonne distance et de ne pas gâcher de munitions. Surveillez toujours vos flancs. Si possible, faites en sorte que la zone d’approche soit étroite et qu’elle le reste. Soyez prêt à vous enfuir, mais gardez le contrôle de votre unité pour éviter toute retraite prématurée. Utilisez la tactique de la barricade en milieu urbain ou dans n’importe quelle zone offrant une excellente visibilité. Évitez systématiquement les jungles, les marais ou les forêts trop denses.

3. Tours
Repérez un point qui surplombe largement le sol (arbre, immeuble, château d’eau, etc.). Restez alors en position avec suffisamment de munitions et de provisions pour tenir un siège (plus qu’une seule journée). Une fois tous ces détails réglés, attirez les morts par tous les moyens à votre disposition.
Dès qu’ils se seront rassemblés autour de votre position, massacrez-les tous. Soyez prudent si vous utilisez des engins incendiaires : le feu peut facilement s’étendre à votre perchoir et la fumée représente un risque bien réel.
4. Tours mobiles
Conduisez un camion-poubelle, un semi-remorque ou n’importe quel véhicule suffisamment imposant au beau milieu d’une zone contaminée. Choisissez un emplacement doté d’une bonne visibilité, immobilisez-vous et commencez à tirer. Avec cette méthode, vous ne serez jamais pris au piège comme cela arrive parfois avec les positions fixes. Vous attirerez les morts avec le bruit du moteur et vous disposerez (pour peu que la cabine soit sûre, évidemment) d’un moyen de fuite immédiatement accessible.
5. Cage
Si vous ne croyez pas aux vertus de l’expérimentation animale et des mauvais traitements infligés à nos infortunés compagnons, oubliez cette méthode. Il s’agit de placer un animal dans une cage, de positionner votre unité à portée de tir et d’abattre tout zombie désireux de dévorer l’appât. Il faut prendre en compte plusieurs facteurs pour que cette stratégie fonctionne. L’animal en question doit faire suffisamment de bruit pour attirer toutes les goules voisines. La cage doit être assez résistante pour ne pas céder en cas d’attaque directe et bien ancrée au sol pour ne pas se renverser. Bien entendu, votre équipe doit rester cachée. Il faut également faire attention à ne pas abattre par mégarde l’animal enfermé. Les appâts silencieux ou morts compliquent énormément la manœuvre. Les environnements qui limitent par trop les possibilités de camouflage s’avèrent moins adaptés. Évitez cette technique si vous chassez dans un champ, en pleine toundra ou dans le désert.

6. Chars d’assaut
Il est bien évident que votre équipe n’a pas les moyens de se procurer un véritable tank ou une chenillette blindée. Par contre, on peut envisager d’utiliser le genre de camionnette dont se servent les sociétés privées pour transporter des fonds ou toute autre cargaison de valeur. Dans ce cas précis, l’objet de valeur, c’est vous. La technique du tank ressemble beaucoup à celle de la cage, dans la mesure où le but principal consiste à attirer les zombies vers un endroit donné, puis de les abattre à coups de fusil les uns après les autres. Mais contrairement au principe de la cage, les occupants de la cabine ne se contenteront pas seulement de jouer les appâts : les meurtrières circulaires prévues pour se défendre vous laisseront toute latitude pour ajouter votre puissance de feu à celle des snipers positionnés à l’extérieur. Attention toutefois à ce que les morts-vivants ne retournent pas votre véhicule.
7. Rodéo
De toutes les méthodes de chasse utilisées contre les morts-vivants, cette technique est sans aucun doute la plus spectaculaire. Très simple, le processus consiste à diviser votre équipe en plusieurs groupes, à embarquer sur un grand nombre de véhicules, à vous rendre dans une zone contaminée et à écraser tous les zombies que vous trouverez sur votre chemin. Malgré son image très romantique, cette technique est aujourd’hui abandonnée par tous les chasseurs un tant soit peu sérieux. Renverser une goule ne la tue que rarement. Par contre, un zombie laissé pour mort continuera à ramper malgré sa colonne vertébrale brisée ou ses jambes arrachées. Après votre chasse, prévoyez toujours plusieurs heures de nettoyage additionnel par une équipe à pied. Si malgré tout, vous décidez d’opter pour le rodéo, agissez en terrain découvert (plaine, désert, toundra). Les zones urbaines présentent de nombreux obstacles, comme les épaves de voitures ou les barricades abandonnées. Trop souvent, des équipes de chasseurs se retrouvent bloquées ; le rapport de force s’inverse alors radicalement. Dans le même ordre d’idée, évitez les marais et les terrains trop humides.
8. Battue
À l’exact inverse du rodéo, la battue impose une approche calme, lente et méthodique de la question. Les chasseurs patrouillent au volant de véhicules suffisamment grands et bien protégés à la vitesse maximale de 20 kilomètres par heure. Les bons tireurs abattent les morts-vivants les uns après les autres. Les camions-bennes s’avèrent plus pratiques, car ils offrent d’excellents angles de tir et une meilleure protection aux snipers embarqués. Bien que cette technique ne soit pas aussi aléatoire que le rodéo, il faudra néanmoins inspecter chaque corps et s’en débarrasser par la suite. Les vastes zones ouvertes restent idéales pour un balayage méthodique, même si la lenteur de l’opération autorise cette pratique en ville. Évitez les jungles et les zones tropicales. Là encore, comme pour le rodéo, il faut planifier un nettoyage manuel méthodique. Abattre au fur et à mesure les zombies que vous rencontrez n’est pas suffisant pour se débarrasser définitivement des morts-vivants cachés au fond des mares, coincés dans les placards, tapis dans les égouts ou bloqués à la cave.
9. Bombardement aérien
Quoi de plus sûr que d’anéantir votre ennemi par la voie des airs ? Avec quelques hélicoptères, votre section effectuerait le même travail qu’une équipe au sol, le risque en moins, n’est-ce pas ? En théorie, oui. En pratique, non. Même un cadet de première année sait reconnaître l’importance de l’infanterie, et ce quelle que soit l’intensité du bombardement aérien. Ce principe s’applique plus que jamais aux zombies. Oubliez les attaques aériennes en zone urbaine, au-dessus des forêts, des jungles, des marais ou de n’importe quel type de terrain couvert. Votre taux de réussite passera sous la barre des 10 %. Oubliez également l’idée d’une chasse « propre », sûre et sans douleur, même si la visibilité est excellente. Quoi qu’il arrive, il faudra quand même se salir les mains et nettoyer la zone in situ. Le transport aérien s’avère néanmoins utile, surtout pour le déploiement de troupes et la reconnaissance. Les avions et les hélicoptères couvrent de vastes territoires et procurent des informations essentielles aux équipes de chasseurs disséminées sur le terrain. Les dirigeables présentent l’avantage de planer au-dessus des zones contaminées toute la journée, envoyant un flux constant d’informations et d’avertissements sur les embuscades et dangers potentiels. Les hélicoptères peuvent évacuer immédiatement ceux qui en ont besoin, ou rapprocher deux unités séparées. Soyez prudents, néanmoins, quand vous déployez votre appui aérien. Les pannes entraînent parfois des atterrissages forcés en pleine zone hostile. L’équipage courra alors un grave danger ; pire, les équipes de secours qui partiront à leur recherche prendront elles aussi de gros risques.
Pourquoi ne pas parachuter une équipe de nettoyage en pleine zone contaminée ? Cette hypothèse a été évoquée à maintes reprises sans jamais être appliquée. C’est à la fois téméraire, courageux, héroïque et totalement idiot. Faut-il parler des blessures à l’atterrissage, du risque de terminer empalé sur une branche, de dériver trop loin, de se perdre et de tous les risques inhérents au saut en parachute en temps de paix ? S’il vous faut une métaphore, jetez un petit morceau de viande sur une fourmilière. La boulette risque fort de ne jamais toucher le sol. En clair, l’appui aérien mérite bien son nom : un « appui » et rien d’autre. Ceux qui persistent à y voir la seule façon de gagner une guerre n’ont pas leur place dans une équipe solide qui planifie rigoureusement ses actions dans la lutte contre les morts-vivants.
10. Tempête de feu
Si vous pensez pouvoir maîtriser l’incendie, si la zone concernée s’y prête et que vous avez prévu des protections adaptées, alors rien n’est plus efficace qu’un nettoyage par le feu. Il faut clairement en définir les limites pour que les flammes suivent l’itinéraire prévu et ne sortent pas dudit périmètre. Gardez l’œil sur les zombies qui traversent le rideau de flammes. En théorie, le feu les conduira vers une zone précise et les carbonisera en quelques minutes. Un nettoyage manuel n’en reste pas moins nécessaire, surtout dans les zones urbaines, où les caves et autres refuges peuvent offrir quantité d’abris aux zombies. Comme toujours, agissez avec prudence et soyez prêt à combattre également le feu.

11. Combats
sous-marins
Ne négligez jamais les goules qui hantent le fond de l’eau avant de déclarer une zone officiellement sécurisée. Trop souvent, les gens retournent dans une zone « nettoyée » et subissent quelques jours, quelques semaines, voire plusieurs mois plus tard une nouvelle attaque de zombies. Et comme les morts peuvent « vivre », agir et même tuer en milieu liquide, la chasse sous-marine s’avère parfois indispensable. La chose reste extrêmement dangereuse, l’eau étant par essence un milieu hostile pour l’homme. Les problèmes évidents de respiration, de manque de communication, de mobilité et de visibilité font du monde sous-marin un endroit délicat pour chasser le mort-vivant. Contrairement à la fuite sur l’eau (où vous avez clairement l’avantage sur les zombies), la plongée fait nettement pencher la balance du côté des morts. Cela dit, la chasse sous-marine n’a rien d’impossible ; bien au contraire. Assez ironiquement, les difficultés inhérentes à cette pratique améliorent la concentration et l’efficacité des chasseurs. Appliquez les règles qui suivent pour que l’opération se déroule convenablement.
A. Étudiez le terrain
Quelle est la profondeur de la zone concernée ? Sa taille ? Est-elle fermée (lac, mare, réservoir) ? Sinon, où se situent les passages vers la haute mer ? Quelle visibilité ? Y a-t-il des obstacles sous-marins ? Répondez à toutes ces questions avant de vous jeter à l’eau.

B. Observez la surface
Enfilez votre combinaison de plongée, immergez-vous dans une eau infestée de zombies et vous expérimenterez in situ l’angoisse infantile de la noyade et celle de se faire dévorer. Ne plongez jamais avant d’avoir exploré consciencieusement la zone depuis le rivage/ quai/bateau. Si la turbidité des eaux ou la trop grande profondeur vous en empêchent, il est toujours possible d’employer d’autres moyens. Les sonars, un équipement usuel qu’on trouve sur n’importe quel bateau de pêche, détectent très facilement les gros objets comme les corps humains. Une simple inspection de surface ne suffit pas toujours à déterminer la dangerosité des lieux.
Les obstacles sous-marins comme les vieilles souches, les rochers ou même les épaves masquent parfois la silhouette d’un zombie.
Si d’aventure, vous en repérez ne serait-ce qu’un, observez scrupuleusement les règles suivantes.
C. Envisagez d’abord un drainage
Pourquoi s’épuiser à chasser en milieu hostile s’il s’avère possible de se débarrasser du milieu en question ? Posez-vous la question : peut-on simplement se contenter de vider le bassin ? Si la réponse est oui, et même si cela prend plus de temps et nécessite des moyens plus importants qu’une partie de chasse sous-marine, faites-le. La plupart du temps, hélas, c’est impossible. Pour éliminer la menace des profondeurs, il va falloir y descendre.
D. Dénichez un plongeur expérimenté
Les membres de votre équipe savent-ils plonger ? Ont-ils déjà enfilé un équipement de plongée ? Ont-ils déjà fait du snorkeling en vacances (palmes, masque et tuba) ? Envoyer des gens inexpérimentés sous l’eau peut les tuer avant leur rencontre avec des zombies subaquatiques. Noyade, essoufflement, narcose, hypothermie, nombreux sont les dangers encourus par nous autres mammifères terrestres quand l’envie nous prend d’aller faire une promenade sous-marine. Si vous avez le temps – si, par exemple, les zombies sont coincés dans une zone précise –, trouvez quelqu’un pour vous apprendre à plonger, pour commander votre palanquée ou encore se charger lui-même de la besogne. Mais si vous constatez que les zombies tombés à l’eau risquent de propager l’épidémie dans les villes situées en aval, plus de temps à perdre. Attachez votre ceinture de plomb, et assumez-en les risques.

E. Préparez votre équipement
Comme lors d’un combat au sol, armes adéquates et équipement adapté restent fondamentaux pour votre survie. L’appareil respiratoire le plus répandu est le scaphandre autonome de plongée loisir (bouteille d’air comprimé et détendeur). Si vous n’en trouvez pas, un simple compresseur et des tuyaux de caoutchouc feront l’affaire. Les lampes étanches sont obligatoires. Même dans les eaux les plus claires, il est parfois difficile de repérer les zombies s’ils se cantonnent aux zones plus opaques ou s’ils se tapissent dans des failles rocheuses. Emportez un fusil-harpon (une sorte d’arbalète sous-marine avec une flèche d’acier reliée au corps du fusil par une longue cordelette) comme arme principale. Aucune autre arme subaquatique n’est suffisamment puissante pour transpercer à distance un crâne humain en toute sécurité. Il existe également une espèce de fusil à pompe sous-marin (de fabrication italienne, constitué d’un long tube métallique et qui utilise des cartouches calibre 12), mais il est difficile d’en trouver ailleurs que sur le littoral. Si vous n’avez rien d’autre sous la main, rabattez-vous sur des filets de pêche ou des harpons de fortune.
F. Planifiez votre chasse
Rien n’est plus désagréable que de faire surface après une plongée pour découvrir une bande de zombies confortablement installés à bord de votre bateau. Travaillez toujours de concert avec une équipe de surface. Si votre unité se compose de 10 personnes, choisissez-en 4 pour vous accompagner sous l’eau et laissez les autres sur le pont. Ils vous aideront efficacement si les choses ne se passent pas comme prévu. Une « sécu-surface » peut également se révéler utile pour surveiller la zone, éventuellement tuer les morts-vivants qui émergent de l’eau ou appeler les renforts si besoin. Tous les stratèges militaires vous confirmeront que les environnements hostiles requièrent un appui renforcé.
G. Observez la faune
Nous savons déjà que les oiseaux et les animaux signalent l’approche d’un zombie. Idem pour les poissons. Il est désormais prouvé que la faune sous-marine est capable de détecter quasi immédiatement le virus du solanum dès qu’il envahit un corps immergé. Dans ce cas, toutes les formes de vie animale fuiront immédiatement la zone. Les plongeurs sous-marins le constatent immanquablement : les poissons disparaissent dès qu’ils sentent la présence des zombies.
H. Méthodes de chasse
Ne dédaignez pas ces méthodes, même si elles vous semblent douteuses, peu pratiques, voire franchement ridicules. Toutes ont été appliquées dans des conditions réelles de nettoyage subaquatique. Et toutes se sont montrées remarquablement efficaces.
a. Technique du sniper. Chasse à l’agachon. Prenez un fusil-harpon en lieu et place d’un fusil à lunette, remplacez l’air par l’eau, et appliquez globalement la même méthode. Les fusils-harpons ont une portée plus réduite que les fusils « terrestres », le plongeur est donc beaucoup plus exposé. Si vous manquez votre cible, ne rechargez pas sur place. Nagez sur une distance suffisante, armez votre flèche et rapprochez-vous à nouveau de votre proie.
b. Technique du harponneur. À utiliser s’il s’avère impossible de toucher directement la tête. Servez-vous de la cordelette (souvent gainée de métal) attachée à votre harpon et visez la cage thoracique. Dès que le zombie est ferré, l’équipe de surface se chargera de le remonter et de s’en débarrasser. N’oubliez pas que même dans cette situation, les zombies restent extrêmement dangereux. Si possible, servez-vous d’une arme à feu et visez la tête dès qu’elle sortira de l’eau. Cela demande une excellente coordination entre le plongeur et l’équipe de surface. Par le passé, il est arrivé que les membres de la sécu-surface remontent ce qu’ils prenaient pour les restes d’un zombie mort. Leurs cris n’ont jamais été entendus par le plongeur maladroit.
c. Technique du harponneur-pêcheur. Une variante de la précédente. Attachez votre harpon à une solide corde reliée à l’embarcation, visez le zombie et laissez l’équipe de surface le remonter. Des pointes-hameçons réduisent les risques de décrochage pendant l’ascension du mort-vivant.
Si l’eau est peu profonde et suffisamment claire, on peut tirer directement depuis le bateau. Là encore, comme pour la technique précédente, il faut impérativement neutraliser la « prise » avant qu’elle soit trop près.

d. Technique du filet. C’est votre équipe de surface qui dirige la pêche, les plongeurs jouant le rôle d’éclaireurs.
Des filets (de pêche ou autre) sont largués sur les goules cibles et utilisés ensuite pour les ramener à la surface. Principal avantage de cette méthode : le zombie pris dans les filets est généralement trop emmêlé pour bouger. Bien entendu, « généralement » est un mot à prendre avec des pincettes. Nombreux sont les chasseurs ayant succombé à l’attaque de zombies pas assez « généralement » emmêlés.
I. Règles spécifiques
Considérez chaque point d’eau comme unique. Leur topographie varie fortement et présente des différences parfois insoupçonnables depuis la surface. Leur seul point commun reste l’eau qui les constitue. Vous avez déjà un ennemi mortel à gérer, n’en rajoutez pas.
a. Rivières. Le courant permanent relève autant de la bénédiction que de la malédiction. En fonction de la puissance de ses eaux, une rivière peut disséminer des zombies sur des kilomètres autour de la zone initialement contaminée. Des goules tombées dans le fleuve à Winona, dans le Minnesota, peuvent très bien refaire surface plusieurs semaines plus tard en pleine
Nouvelle-Orléans. D’où la nécessité d’agir vite. Les lacs fermés ne posent pas ce genre de problèmes. Dans la mesure du possible, installez des filets aux endroits les plus étroits. Surveillez-les scrupuleusement et soyez très prudents si vous envoyez des plongeurs les inspecter. Un courant trop violent risque de les emporter droit vers leurs cibles… qui les attendent à bras (et bouche) ouverts.

b. Lacs et bassins. Comme ce type de point d’eau reste généralement fermé, il y a peu de chances qu’un zombie puisse s’en échapper sans encombre. En général, il est facile de repérer et d’abattre rapidement tout mort-vivant qui fait surface. Par contre, il faudra repêcher et éliminer un par un ceux qui restent sous l’eau.
L’absence de courant en fait un endroit idéal pour les plongeurs. Les lacs et les bassins gelés en hiver posent toutefois le problème des épidémies multi-générationnelles. Si le lac gèle dans son intégralité, la glace piégera les zombies tout l’hiver et empêchera toute tentative de chasse sous-marine. Si le gel ne concerne que la surface, les zombies continueront à hanter les profondeurs jusqu’au printemps.

c. Marais. Probablement l’environnement le plus frustrant pour la chasse sous-marine. Leurs eaux boueuses interdisent presque la plongée. Leur fond jonché de plantes, de racines et de débris suffit à brouiller le sonar le plus sophistiqué. La plupart du temps, leur faible profondeur permet aux zombies de jaillir de l’eau et d’agripper un chasseur, voire de renverser facilement son embarcation. Opérer en nombre en utilisant allègrement lampes et sondes reste la seule méthode reconnue pour nettoyer ce genre d’endroit. Après avoir fait l’expérience des marais, vous comprendrez mieux pourquoi les réalisateurs de films d’horreur en raffolent.
d. Océans. À moins que la zone concernée se limite à un port ou à une baie confinée, n’espérez pas agir efficacement en pleine mer. Les océans sont tout simplement trop vastes pour être correctement nettoyés. Leur profondeur est telle que seuls les sous-marins les plus sophistiqués et les plus onéreux peuvent en atteindre le fond. C’est certes problématique, mais au final, la menace représentée par ces zombies transocéaniques reste quasi négligeable. La plupart continueront à hanter le fond de la mer sans jamais en sortir et se décomposeront peu à peu. Attention, n’ignorez pas cette menace potentielle pour autant. Dès que vous aurez confirmation que des zombies ont disparu sous les flots, étudiez les courants sous-marins et repérez les endroits où peuvent (doivent ?) dériver les corps. Il est alors fondamental d’avertir tous les habitants du littoral concerné et de maintenir une surveillance constante pendant quelques semaines. Aussi improbable que cela puisse paraître, on a vu des zombies débarquer sur des plages situées à plusieurs milliers de kilomètres d’une épidémie localisée, et ce quelques mois après son terme.
Supposons que vous ayez suivi toutes ces instructions à la lettre. La bataille est terminée, la zone sécurisée, les victimes évacuées et les zombies brûlés. Avec un peu de chance, c’est la dernière fois de votre vie que vous aurez à gérer ce genre de problème. Mais si cela se reproduit ? Si votre combat n’était qu’une goutte d’eau dans l’océan d’horreur qui s’annonce ? Et si – Dieu nous en préserve – l’humanité perdait la guerre contre les morts-vivants ?